
L'économie sociale est connue de tous pourtant elle est mal connue...
Presque tous les foyers français vivent en contact avec l'économie sociale. Souvent sans le savoir, tout le monde connaît au moins une association, une mutuelle ou une banque coopérative. Les noms d'Emmaüs France, Crédit Agricole, Fondation de France évoquent forcément quelque chose.
L'économie sociale désigne des groupements de personnes (et non de capitaux) jouant un rôle économique.
Elle désigne un ensemble de structures : associations, mutuelles, ONG, fondations, entreprises d'insertion, banques, coopératives. Et des thématiques : écologie, sociale, santé, tourisme, éducation, aide à la personne, etc.
Ces familles sont reconnues officiellement sous le concept "économie sociale" par décret depuis 1981.
Parler de ce secteur, c'est évoquer tout un pan de l'activité économique qui n'est pas régie par les règles traditionnelles de l'économie d'entreprise capitaliste.
Selon la dernière étude publiée par l'Insee, l'Économie Sociale et Solidaire occupe une place privilégiée en matière d’emploi en Rhône-Alpes. A l’instar de la moyenne nationale, l’ESS rassemble près de 10 % de la région. Cependant, le poids du secteur reste disparate selon les zones d'emploi, tributaire des particularités des territoires.
9,6% soit 210 000 emplois, c'est ce que pèsent les salariés du secteur de l'économie sociale et solidaire en Rhône-Alpes selon l'étude réalisée par l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) en juin 2007. Son poids, très proche de la moyenne nationale (9,7%) varie cependant beaucoup selon les 27 zones d'emploi répertoriées dans la région. Ainsi dans le pays d'Oyonnax, l'ESS représente 3% des effectifs salariés contre17,6% dans le territoire de Crest-Die. Les trois métropoles de la région (Lyon, Grenoble et Saint-Étienne) regroupent un peu plus de la moitié des emplois ESS en Rhône-Alpes, avec des emplois plus stables et mieux rémunérés, plutôt orientés vers l'éducation, la culture et la vie associative.
Cette concentration dans les grands centres urbains reflète bien l’importance de l’ESS dans le secteur des services non-marchands (santé, social, éducation) : 23 % des salariés rhônalpins de ces secteurs sont employés dans des structures ESS. Dans le secteur des services marchands, les coopératives de crédit, d’assurance et les mutuelles sont bien présentes, leur maillage territorial épousant les bassins de population. En revanche, l’ESS est peu développée dans l’industrie, la construction et le commerce, malgré l’existence de coopératives de production et de distribution. Cette structuration explique la répartition socioprofessionnelle des effectifs. Les employés représentent ainsi 39%, les professions intermédiaires 33% et les cadres 11% du secteur. Il est à noter que 60% des emplois sont occupés par des femmes.
Les différences d’implantation des activités ESS s'expliquent pour l’INSEE par le développement économique spécifique de chaque territoire. Par exemple, les zones rurales comme Aubenas ou Belley ont davantage tendance à favoriser les services à la personne (association d'aide à domicile etc.) qui répondent aux besoins locaux d'une population souvent âgée et isolée. De même, les zones à forte densité touristique, surtout en montagne, voient l’ESS sur-représentée dans les activités de sport-loisirs et d’hébergement-restauration liées au tourisme. Des emplois qui se caractérisent par une forte saisonnalité. En fonction de ces caractéristiques locales et de l’implantation des activités d’économie sociale et solidaire a ainsi établi une typologie qui distingue par exemple les zones d’emploi industrielles, des zones à grands établissements ESS ou encore des zones d’emploi rurales et agricoles ou bien des zones d'emplois prospères.
Attention cependant à ne pas trop calquer l’implantation des activités de l’ESS sur les seules caractéristiques économique des territoires. Des facteurs historiques et culturels expliquent également largement la mobilisation de tels ou tels acteurs locaux et le poids de leurs implantation. Ce qui peiut ainsi expliquer en partie la relative faiblesse de l’ESS dans les zones prospères du nord-est de la région Rhône-Alpes.
Pour en savoir plus : www.insee.fr/fr/insee_regions/rhone-alpes/rfc/docs/LA76.pdf
Pour en savoir plus : Lire le texte sur l'histoire et les valeurs de l'ESS de François Espagne
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